Henri-François RIESE NER (Paris, 1767-1828) «Portrait de Marie Thérèse Étiennette Bourgoin, sociétaire de la Comédie Française» Huile sur toile Le nom du modèle est inscrit sur le châssis (Mlle Bourgoing). 95,5 x 71 cm Beau cadre à palmettes d’époque Empire Née en 1781, Marie-Thérèse Bourgoin commença très jeune comme danseuse de ballet au théâtre de la Gaité. Présentée à la comédienne Françoise-Rose Vestris et à son frère l’acteur Jean-Henri Dugazon, futur professeur au Conservatoire, la jeune fille put recevoir des leçons de déclamation et débuta à la Comédie-Française en septembre 1799 par les rôles d’Iphigénie et d’Agnès. Malgré l’accueil favorable du public, les sociétaires la jugèrent trop jeune et son admission ne se fit qu’après son second début, en 1802. Sa beauté lui fit entre temps gagner de puissants protecteurs, dont le ministre Chaptal et, par son entremise, la tragédienne célèbre Marie-Françoise Dumesnil et le grand François-Joseph-Talma, le comédien préféré de Napoléon. L’empereur paraît avoir été également sensible aux charmes de Mademoiselle Bourgoin, tout comme, plus tard, le duc de Berry. Sur les planches du Théâtre Français, Mlle Bourgoin eut beaucoup de succès dans des rôles tragiques, mais son jeu léger, sa gaieté naturelle et son sens réel de la repartie la rendirent incomparable dans les comédies de Molière, de Beaumarchais ou de Favart. En 1808, la troupe joua devant Napoléon et Alexandre Ier lors du congrès d’Erfurt. Séduit, le tsar invita la comédienne à Saint-Pétersbourg, où elle resta presque deux ans. À en croire le mémorialiste Philippe Vigel, le public pétersbourgeois adora Mlle Bourgoin, la préférant surtout dans les comédies. L’un des esprits parisiens les plus aiguisés, elle fut autant célèbre pour ses rôles que pour ses plaisanteries et épigrammes que l’on répétait volontiers et dont certaines furent publiées. C’est cette malice que parvint à rendre Henri-François Riesener dans notre portrait, là où les autres artistes qui avaient à peindre Mlle Bourgoin et notamment Louis-Marie Sicardi, n’avaient vu qu’une beauté ingénue d’une charmante comédienne. Datant, d’après le vêtement et la coiffure du modèle, de 1808-1810 environ, notre tableau représente non pas une actrice, mais une femme d’esprit, fixant le spectateur de son regard bleu gris et avec un léger sourire aux lèvres. Riesener juxtapose le vert intense du châle et le rouge profond de la robe toute simple dont la ceinture rappelle le cordon d’un rideau de théâtre. On retrouve ces mêmes teintes dans le portrait de Talma réalisé par l’artiste à la même époque (Paris, musée Marmottan). L’oeuvre sera incluse dans le catalogue raisonné de l’artiste en préparation par Philippe Nusbaumer et Alexis Bordes. Exposition 2005-2011, Treasures of Napoléon, exposition itinérante, Washington-Saint Louis, n° 124.
Henri-François RIESE NER (Paris, 1767-1828) «Portrait de Marie Thérèse Étiennette Bourgoin, sociétaire de la Comédie Française» Huile sur toile Le nom du modèle est inscrit sur le châssis (Mlle Bourgoing). 95,5 x 71 cm Beau cadre à palmettes d’époque Empire Née en 1781, Marie-Thérèse Bourgoin commença très jeune comme danseuse de ballet au théâtre de la Gaité. Présentée à la comédienne Françoise-Rose Vestris et à son frère l’acteur Jean-Henri Dugazon, futur professeur au Conservatoire, la jeune fille put recevoir des leçons de déclamation et débuta à la Comédie-Française en septembre 1799 par les rôles d’Iphigénie et d’Agnès. Malgré l’accueil favorable du public, les sociétaires la jugèrent trop jeune et son admission ne se fit qu’après son second début, en 1802. Sa beauté lui fit entre temps gagner de puissants protecteurs, dont le ministre Chaptal et, par son entremise, la tragédienne célèbre Marie-Françoise Dumesnil et le grand François-Joseph-Talma, le comédien préféré de Napoléon. L’empereur paraît avoir été également sensible aux charmes de Mademoiselle Bourgoin, tout comme, plus tard, le duc de Berry. Sur les planches du Théâtre Français, Mlle Bourgoin eut beaucoup de succès dans des rôles tragiques, mais son jeu léger, sa gaieté naturelle et son sens réel de la repartie la rendirent incomparable dans les comédies de Molière, de Beaumarchais ou de Favart. En 1808, la troupe joua devant Napoléon et Alexandre Ier lors du congrès d’Erfurt. Séduit, le tsar invita la comédienne à Saint-Pétersbourg, où elle resta presque deux ans. À en croire le mémorialiste Philippe Vigel, le public pétersbourgeois adora Mlle Bourgoin, la préférant surtout dans les comédies. L’un des esprits parisiens les plus aiguisés, elle fut autant célèbre pour ses rôles que pour ses plaisanteries et épigrammes que l’on répétait volontiers et dont certaines furent publiées. C’est cette malice que parvint à rendre Henri-François Riesener dans notre portrait, là où les autres artistes qui avaient à peindre Mlle Bourgoin et notamment Louis-Marie Sicardi, n’avaient vu qu’une beauté ingénue d’une charmante comédienne. Datant, d’après le vêtement et la coiffure du modèle, de 1808-1810 environ, notre tableau représente non pas une actrice, mais une femme d’esprit, fixant le spectateur de son regard bleu gris et avec un léger sourire aux lèvres. Riesener juxtapose le vert intense du châle et le rouge profond de la robe toute simple dont la ceinture rappelle le cordon d’un rideau de théâtre. On retrouve ces mêmes teintes dans le portrait de Talma réalisé par l’artiste à la même époque (Paris, musée Marmottan). L’oeuvre sera incluse dans le catalogue raisonné de l’artiste en préparation par Philippe Nusbaumer et Alexis Bordes. Exposition 2005-2011, Treasures of Napoléon, exposition itinérante, Washington-Saint Louis, n° 124.
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