Pierre Dupuis Orléans, 1833 - Bréhat, 1915 "Moissonneuses : Ile de Bréhat (Bretagne)" Huile sur toile de forme ronde (Toile d'origine) Signée et datée 'PIERRE. DUPUIS / 1893' dans le bas Diamètre : 150 cm (59,10 in.) 'HARVESTERS IN BREHAT (BRITTANY)', OIL ON A CIRCULAR CANVAS, SIGNED AND DATED, BY P. DUPUIS Expositions : Salon des artistes français, Paris, 1894, n° 642, sous le titre "Soleil couchant en Bretagne - île de Bréhat" Salon des artistes français, Paris, 1894, n° 678 Commentaire : A la fin du XIXe siècle, la Bretagne a fasciné les artistes en quête de renouveau, de territoires semblent-ils inexplorés, vierges. Paul Gauguin lors son premier voyage à Pont-Aven en 1886, décrit une région vivant hors du temps, préservée, aux antipodes de Paris et de l'agitation de la capitale en proie à des transformations tant politiques qu'industrielles. Dans une lettre de 1888 au peintre Emile Schuffenecker Gauguin écrit : " (…) J'aime la Bretagne : j'y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots raisonnent sur ce sol de granit, j'entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture ". Elève de Léon Cogniet et d'Horace Vernet, Pierre Dupuis entre à l'Ecole des Beaux-Arts en 1848 et obtient en 1863 le deuxième prix de Rome avec 'Joseph reconnu par ses frères'. Il expose au Salon pour la première fois la même année et y présente régulièrement des portraits et natures-mortes. Le peintre quitte cependant rapidement la capitale pour s'installer dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, sur l'île de Bréhat. Là-bas, il renouvelle son iconographie et puise son inspiration dans l'ambivalente simplicité et dureté de la vie des paysans bréhatins, que l'on retrouve exposés au Salon et aux Expositions universelles jusqu'à la mort du peintre. L'impressionnant tableau que nous présentons saisit un instantané de deux fillettes qui se reposent d'une journée de labeur devant le regard attentif du peintre, qu'elles soutiennent frontalement. Les regards à demi dissimulés par l'ombre du bonnet révèlent un air fatigué ainsi qu'un visage tanné par ces travaux de plein air. L'une tient une faucille et l'autre est accoudée à un ballot de paille fraichement constitué, habillées de vêtements simples, abimés par la rigueur des travaux des champs qui use tant les âmes que les vêtements sur lesquels un accroc est visible, sur la blouse du personnage de gauche. A l'arrière-plan, la lande est baignée par la lumière rasante du crépuscule et bordée par la mer. La forme adoptée, le tondo, peut être assimilée à une fenêtre ouverte sur ces deux personnages qui posent sans artifice et montrent volontairement au peintre les effets du dur labeur accompli et la lourde fatigue ressentie. Dans 'Le goémon; en Bretagne' exposé au Salon de 1892, une fillette, assise dans une brouette chargée de goémon, se présente avec le même air las, toutefois égayé par la jeunesse de ses traits. L'expression d'un type commun dans les figures de Dupuis rappelle celle de la femme au premier plan des 'Foins' de Jules Bastien-Lepage (1877, Paris, musée d'Orsay). L'artiste y dépeint les paysans dans leur simplicité comme dans leur accablement : le personnage porte sur son visage une expression hagarde, marquée par l'épuisement. Devant les toiles présentées au Salon de 1878, André Theuriet compose ces vers pouvant illustrer l'œuvre de Dupuis : " Sur un tas d'herbes fraiches ayant fait sa litière/ Le faucheur étendu dort en serrant les poings. Assise près de lui, la faneuse hâlée/ Rêve les yeux ouverts, alanguie et grisée (…)". La préciosité du cadre contraste à merveille avec le dénuement de ces landes et rappelle que le tableau est destiné aux cimaises du Salon parisien, où Dupuis expose régulièrement des portraits de ces humbles et anonymes Bréhatins saisis dans leurs gestes quotidiens sur leur île alors sauvage où l'artiste choisit de reposer.
Pierre Dupuis Orléans, 1833 - Bréhat, 1915 "Moissonneuses : Ile de Bréhat (Bretagne)" Huile sur toile de forme ronde (Toile d'origine) Signée et datée 'PIERRE. DUPUIS / 1893' dans le bas Diamètre : 150 cm (59,10 in.) 'HARVESTERS IN BREHAT (BRITTANY)', OIL ON A CIRCULAR CANVAS, SIGNED AND DATED, BY P. DUPUIS Expositions : Salon des artistes français, Paris, 1894, n° 642, sous le titre "Soleil couchant en Bretagne - île de Bréhat" Salon des artistes français, Paris, 1894, n° 678 Commentaire : A la fin du XIXe siècle, la Bretagne a fasciné les artistes en quête de renouveau, de territoires semblent-ils inexplorés, vierges. Paul Gauguin lors son premier voyage à Pont-Aven en 1886, décrit une région vivant hors du temps, préservée, aux antipodes de Paris et de l'agitation de la capitale en proie à des transformations tant politiques qu'industrielles. Dans une lettre de 1888 au peintre Emile Schuffenecker Gauguin écrit : " (…) J'aime la Bretagne : j'y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots raisonnent sur ce sol de granit, j'entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture ". Elève de Léon Cogniet et d'Horace Vernet, Pierre Dupuis entre à l'Ecole des Beaux-Arts en 1848 et obtient en 1863 le deuxième prix de Rome avec 'Joseph reconnu par ses frères'. Il expose au Salon pour la première fois la même année et y présente régulièrement des portraits et natures-mortes. Le peintre quitte cependant rapidement la capitale pour s'installer dans les Côtes-d'Armor en Bretagne, sur l'île de Bréhat. Là-bas, il renouvelle son iconographie et puise son inspiration dans l'ambivalente simplicité et dureté de la vie des paysans bréhatins, que l'on retrouve exposés au Salon et aux Expositions universelles jusqu'à la mort du peintre. L'impressionnant tableau que nous présentons saisit un instantané de deux fillettes qui se reposent d'une journée de labeur devant le regard attentif du peintre, qu'elles soutiennent frontalement. Les regards à demi dissimulés par l'ombre du bonnet révèlent un air fatigué ainsi qu'un visage tanné par ces travaux de plein air. L'une tient une faucille et l'autre est accoudée à un ballot de paille fraichement constitué, habillées de vêtements simples, abimés par la rigueur des travaux des champs qui use tant les âmes que les vêtements sur lesquels un accroc est visible, sur la blouse du personnage de gauche. A l'arrière-plan, la lande est baignée par la lumière rasante du crépuscule et bordée par la mer. La forme adoptée, le tondo, peut être assimilée à une fenêtre ouverte sur ces deux personnages qui posent sans artifice et montrent volontairement au peintre les effets du dur labeur accompli et la lourde fatigue ressentie. Dans 'Le goémon; en Bretagne' exposé au Salon de 1892, une fillette, assise dans une brouette chargée de goémon, se présente avec le même air las, toutefois égayé par la jeunesse de ses traits. L'expression d'un type commun dans les figures de Dupuis rappelle celle de la femme au premier plan des 'Foins' de Jules Bastien-Lepage (1877, Paris, musée d'Orsay). L'artiste y dépeint les paysans dans leur simplicité comme dans leur accablement : le personnage porte sur son visage une expression hagarde, marquée par l'épuisement. Devant les toiles présentées au Salon de 1878, André Theuriet compose ces vers pouvant illustrer l'œuvre de Dupuis : " Sur un tas d'herbes fraiches ayant fait sa litière/ Le faucheur étendu dort en serrant les poings. Assise près de lui, la faneuse hâlée/ Rêve les yeux ouverts, alanguie et grisée (…)". La préciosité du cadre contraste à merveille avec le dénuement de ces landes et rappelle que le tableau est destiné aux cimaises du Salon parisien, où Dupuis expose régulièrement des portraits de ces humbles et anonymes Bréhatins saisis dans leurs gestes quotidiens sur leur île alors sauvage où l'artiste choisit de reposer.
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