NIETZSCHE, Friedrich (1844-1900). Lettre autographe signée au critique musical, pianiste, chef d'orchestre et compositeur Carl Fuchs (1838-1922). Nice, France, (avril 1886). 8 pp. (203 x 131 mm), à l'encre brune sur 2 double feuillets. Infimes déchirures aux plis. Est jointe une lettre des Archives Nietzsche à Weimar, adressée à Alfred Cortot et datée 1932. Longue et importante lettre, en allemand, de Nietzsche à Fuchs donnant son appréciation de la musique allemande moderne, Wagner, Reiman ou von Bulow et " sur un différent théorique important [...] concernant la "métrique" des anciens" . Le philosophe fait part à son correspondant, de façon très érudite et approfondie, de ses sentiments concernant la musique moderne allemande, formulant " bon nombre de restrictions mentales et en partie tendancieuses, sur toute musique allemande (sur laquelle il) porte un jugement presque analogue à celui que (lui) inspire toute philosophie allemande ) ; exception faite pour les œuvres d'un musicien, dont on méconnait le génie, Peter Gast ". " Le déclin du sens mélodique que je subodore au moindre contact avec des musiciens allemands, l'attention toujours plus grande qu'ils apportent au détail de la sensation et de son expression mimique, [...] ils appellent cela "la phrase", puis leur recherche toujours croissante pour le détail du discours musical, pour les moyens d'un art de rhétorique sonore, [...] est non seulement dépendant l'un de l'autre, mais plutôt conditionné [...] l'un par l'autre. [...] Le terme wagnérien de "mélodie infinie", en exprime d'une manière tout à fait séduisante, le danger : la perte de l'instinct [...] L'ambigüité rythmique est telle que l'on ne "doit" plus savoir si quelque chose est "tête ou queue", ce qui est [...] une technique artistique au moyen de laquelle d'admirables effets peuvent être obtenus : Tristan en est rempli ; mais comme caractéristique spécifique de tout art, c'est, malgré tout, le symptôme de la déliquescence. La partie prend le pas sur le tout, la phrase sur la mélodie, l'instant sur le temps (et le tempo), le pathétique sur l'éthique [...], enfin "l'esprit" sur la signification. [...] un changement de perspective - on voit le détail avec trop de netteté et on estompe trop l'ensemble. [...] C'est cela la décadence [...] Votre Reiman me parait être symptomatique de cet état de choses, ainsi que votre Hans von Bulow. ". S'il atténue, après, la critique, le propos est pourtant clair. Il aborde ensuite " un différent théorique " avec son correspondant sur la métrique des anciens et " l'erreur fondamentale " selon Nietzsche, des études sur la métrique assimilant ou, du moins, établissant une similitude entre l'hexamètre allemand et l'hexamètre grec et les différences entre le "dactyle" allemand et le "dactyle" grec ou latin. " Il n'y a aucun doute que nos poètes allemands en usant des mètres anciens aient su apporter un charme nouveau dans la poésie, un charme qui lui manquait avant eux (encore que le tic-tac de notre poésie soit effroyable à la longue), mais les anciens n'auraient pas été sensibles à ce charme là et auraient encore moins reconnu leurs propres mètres. " Si 28 lettres de Nietzsche à Fusch sont connues et publiées (dont celle-ci), c'est sans doute la plus longue de toutes. Il termine avec quelques conseils de lecture : "Lisez je vous prie un livre, peu répandu, le "De Musica" de Saint Augustin, afin de voir comment on comprenait et appréciait alors, le "mètre" d'Horace, comment on "battait la mesure", comment on y introduisait des soupirs, etc..." Long and important autograph letter signed by Nietzsche to composer, director and pianist Carl Fusch, regarding his opinion on modern German music. Une transcription complète est disponible sur demande auprès du département Livres et Manuscrits The complete transcription of the letter in German is available upon request to the Books dpt
NIETZSCHE, Friedrich (1844-1900). Lettre autographe signée au critique musical, pianiste, chef d'orchestre et compositeur Carl Fuchs (1838-1922). Nice, France, (avril 1886). 8 pp. (203 x 131 mm), à l'encre brune sur 2 double feuillets. Infimes déchirures aux plis. Est jointe une lettre des Archives Nietzsche à Weimar, adressée à Alfred Cortot et datée 1932. Longue et importante lettre, en allemand, de Nietzsche à Fuchs donnant son appréciation de la musique allemande moderne, Wagner, Reiman ou von Bulow et " sur un différent théorique important [...] concernant la "métrique" des anciens" . Le philosophe fait part à son correspondant, de façon très érudite et approfondie, de ses sentiments concernant la musique moderne allemande, formulant " bon nombre de restrictions mentales et en partie tendancieuses, sur toute musique allemande (sur laquelle il) porte un jugement presque analogue à celui que (lui) inspire toute philosophie allemande ) ; exception faite pour les œuvres d'un musicien, dont on méconnait le génie, Peter Gast ". " Le déclin du sens mélodique que je subodore au moindre contact avec des musiciens allemands, l'attention toujours plus grande qu'ils apportent au détail de la sensation et de son expression mimique, [...] ils appellent cela "la phrase", puis leur recherche toujours croissante pour le détail du discours musical, pour les moyens d'un art de rhétorique sonore, [...] est non seulement dépendant l'un de l'autre, mais plutôt conditionné [...] l'un par l'autre. [...] Le terme wagnérien de "mélodie infinie", en exprime d'une manière tout à fait séduisante, le danger : la perte de l'instinct [...] L'ambigüité rythmique est telle que l'on ne "doit" plus savoir si quelque chose est "tête ou queue", ce qui est [...] une technique artistique au moyen de laquelle d'admirables effets peuvent être obtenus : Tristan en est rempli ; mais comme caractéristique spécifique de tout art, c'est, malgré tout, le symptôme de la déliquescence. La partie prend le pas sur le tout, la phrase sur la mélodie, l'instant sur le temps (et le tempo), le pathétique sur l'éthique [...], enfin "l'esprit" sur la signification. [...] un changement de perspective - on voit le détail avec trop de netteté et on estompe trop l'ensemble. [...] C'est cela la décadence [...] Votre Reiman me parait être symptomatique de cet état de choses, ainsi que votre Hans von Bulow. ". S'il atténue, après, la critique, le propos est pourtant clair. Il aborde ensuite " un différent théorique " avec son correspondant sur la métrique des anciens et " l'erreur fondamentale " selon Nietzsche, des études sur la métrique assimilant ou, du moins, établissant une similitude entre l'hexamètre allemand et l'hexamètre grec et les différences entre le "dactyle" allemand et le "dactyle" grec ou latin. " Il n'y a aucun doute que nos poètes allemands en usant des mètres anciens aient su apporter un charme nouveau dans la poésie, un charme qui lui manquait avant eux (encore que le tic-tac de notre poésie soit effroyable à la longue), mais les anciens n'auraient pas été sensibles à ce charme là et auraient encore moins reconnu leurs propres mètres. " Si 28 lettres de Nietzsche à Fusch sont connues et publiées (dont celle-ci), c'est sans doute la plus longue de toutes. Il termine avec quelques conseils de lecture : "Lisez je vous prie un livre, peu répandu, le "De Musica" de Saint Augustin, afin de voir comment on comprenait et appréciait alors, le "mètre" d'Horace, comment on "battait la mesure", comment on y introduisait des soupirs, etc..." Long and important autograph letter signed by Nietzsche to composer, director and pianist Carl Fusch, regarding his opinion on modern German music. Une transcription complète est disponible sur demande auprès du département Livres et Manuscrits The complete transcription of the letter in German is available upon request to the Books dpt
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