DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME. – ROMME (Charles Gilbert . Notes autographes (environ 6 colonnes, principalement à l'encre) sur un manuscrit intitulé « Déclaration des droits de l'homme en société, des droits de la société sur ses membres et ceux des nations entre elles » (8 colonnes 1/2). 1793. Au total, 8 pp. 1/2 in-folio. DOCUMENT PRÉPARATOIRE À LA RÉDACTION DE LA DÉCLARATION MONTAGNARDE DE 1793. Un Comité d'analyse des projets de Constitution fut mis sur pied par la Convention, et Charles Gilbert Romme en fut nommé le rapporteur. Dans le rapport qu'il lut en séance le 17 avril 1793, il définissait d'abord les termes du débat, synthétisait les critiques qui avaient pu être formulées contre la déclaration de 1789, et présentait un nouveau projet de Déclaration des droits de l'Homme. Le présent manuscrit en présente une version primitive relativement proche, comprenant, après un préambule, une série d'articles rangée en 4 sections : « Droits naturels », « Droits politiques », « Droits civils », « Droits des nations ». La version définitive de juin 1793 subirait encore de très nombreuses modifications. Romme a abondamment annoté le présent projet, parfois en deux temps, d'abord à la mine de plomb avec reprise ensuite à l'encre : il y propose à la fois des commentaires rédigés au long et des propositions de rédaction concise pour plusieurs articles. RICHESSE PROPORTIONNÉE À L'UTILITÉ SOCIALE : [De la main de Gilbert Romme :] « ... La propriété est essentiellement dans les facultés de l'individu. Tout ce qui résulte de leur exercice forme son bien. Le plus riche propriétaire est celui qui travaille le plus, le mieux et le plus utilement pour tous. Le plus pauvre est celui qui par paresse, par corruption, par incapacité, par imbécilité ou maladie ne fait ou ne peut rien faire pour se donner les besoins de la vie... » AIDE SOCIALE. [De la main de Gilbert Romme :] « ... Ce que les parens ne font pas pour leurs enfans, ce que ceux-ci ne font pas pour leurs parens, la société doit le faire , mais en se substituant à leurs devoirs, elle se substitue à leurs droits. La société qui nourrit, élève l'enfant, en recevra un jour le fruit par le tribut qu'il lui paiera de sa force, de sa fortune, de ses lumières, de sa vigilance... » MARIAGE LIBRE. « Les individus des deux sexes ont le droit de consentir entre eux, ou de rompre à leur gré leur union conjugale... » [De la main de Gilbert Romme :] « La nature seule a droit de commander l'union ou la rupture des deux sexes... On ne doit compte qu'à la conscience des motifs de la détermination à cet égard. Les parens, les amis peuvent donner des conseils , mais ce seroit violer le droit le plus sacré que d'opposer des obstacles de quelque nature qu'ils soient. La loi ne doit pas ni prescrire des formes qui retardent ou entravent une convention qui par essence est toute affection, ni prescrire l'âge avant lequel on ne peut se marier, ni imposer des peines si l'on ne se marie pas : une simple déclaration faite à l'autorité publique doit suffire... » ÉGALITÉ DE DROITS SANS DISTINCTION DE CONDITION, D'ÂGE OU DE RACE. « ... Deux sortes d'inégalités parmi les hommes, l'une naturelle, c'est celle de l'âge, de la santé, de la force, de la taille, de la couleur, de la perfection des sens, de l'intelligence, de la sensibilité , l'autre sociale, acquise ou privilégiée, c'est celle de la fortune, des honneurs, de l'instruction, de la puissance. Depuis le Quiros jusqu'au Patagon, depuis l'albinos jusqu'au Caffre, de l'enfant au vieillard, de l'idiot à l'homme de génie, la société doit voir dans tous des êtres doués des mêmes organes, des mêmes facultés, ayant les mêmes besoins et méritant une protection égale et dispensatrice de toutes les ressources que LIVRES & AUTOGRAPHES JEUDI 29 AVRIL 2021 79LIVRES & AUTOGRAPHES 80JEUDI 29 AVRIL 2021LIVRES & AUTOGRAPHES 81JEUDI 29 AVRIL 2021chacun porte à la masse commune, elle doit en faire une telle répartition que l'enfant et le vieillard, le foible et l'ignorant
DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME. – ROMME (Charles Gilbert . Notes autographes (environ 6 colonnes, principalement à l'encre) sur un manuscrit intitulé « Déclaration des droits de l'homme en société, des droits de la société sur ses membres et ceux des nations entre elles » (8 colonnes 1/2). 1793. Au total, 8 pp. 1/2 in-folio. DOCUMENT PRÉPARATOIRE À LA RÉDACTION DE LA DÉCLARATION MONTAGNARDE DE 1793. Un Comité d'analyse des projets de Constitution fut mis sur pied par la Convention, et Charles Gilbert Romme en fut nommé le rapporteur. Dans le rapport qu'il lut en séance le 17 avril 1793, il définissait d'abord les termes du débat, synthétisait les critiques qui avaient pu être formulées contre la déclaration de 1789, et présentait un nouveau projet de Déclaration des droits de l'Homme. Le présent manuscrit en présente une version primitive relativement proche, comprenant, après un préambule, une série d'articles rangée en 4 sections : « Droits naturels », « Droits politiques », « Droits civils », « Droits des nations ». La version définitive de juin 1793 subirait encore de très nombreuses modifications. Romme a abondamment annoté le présent projet, parfois en deux temps, d'abord à la mine de plomb avec reprise ensuite à l'encre : il y propose à la fois des commentaires rédigés au long et des propositions de rédaction concise pour plusieurs articles. RICHESSE PROPORTIONNÉE À L'UTILITÉ SOCIALE : [De la main de Gilbert Romme :] « ... La propriété est essentiellement dans les facultés de l'individu. Tout ce qui résulte de leur exercice forme son bien. Le plus riche propriétaire est celui qui travaille le plus, le mieux et le plus utilement pour tous. Le plus pauvre est celui qui par paresse, par corruption, par incapacité, par imbécilité ou maladie ne fait ou ne peut rien faire pour se donner les besoins de la vie... » AIDE SOCIALE. [De la main de Gilbert Romme :] « ... Ce que les parens ne font pas pour leurs enfans, ce que ceux-ci ne font pas pour leurs parens, la société doit le faire , mais en se substituant à leurs devoirs, elle se substitue à leurs droits. La société qui nourrit, élève l'enfant, en recevra un jour le fruit par le tribut qu'il lui paiera de sa force, de sa fortune, de ses lumières, de sa vigilance... » MARIAGE LIBRE. « Les individus des deux sexes ont le droit de consentir entre eux, ou de rompre à leur gré leur union conjugale... » [De la main de Gilbert Romme :] « La nature seule a droit de commander l'union ou la rupture des deux sexes... On ne doit compte qu'à la conscience des motifs de la détermination à cet égard. Les parens, les amis peuvent donner des conseils , mais ce seroit violer le droit le plus sacré que d'opposer des obstacles de quelque nature qu'ils soient. La loi ne doit pas ni prescrire des formes qui retardent ou entravent une convention qui par essence est toute affection, ni prescrire l'âge avant lequel on ne peut se marier, ni imposer des peines si l'on ne se marie pas : une simple déclaration faite à l'autorité publique doit suffire... » ÉGALITÉ DE DROITS SANS DISTINCTION DE CONDITION, D'ÂGE OU DE RACE. « ... Deux sortes d'inégalités parmi les hommes, l'une naturelle, c'est celle de l'âge, de la santé, de la force, de la taille, de la couleur, de la perfection des sens, de l'intelligence, de la sensibilité , l'autre sociale, acquise ou privilégiée, c'est celle de la fortune, des honneurs, de l'instruction, de la puissance. Depuis le Quiros jusqu'au Patagon, depuis l'albinos jusqu'au Caffre, de l'enfant au vieillard, de l'idiot à l'homme de génie, la société doit voir dans tous des êtres doués des mêmes organes, des mêmes facultés, ayant les mêmes besoins et méritant une protection égale et dispensatrice de toutes les ressources que LIVRES & AUTOGRAPHES JEUDI 29 AVRIL 2021 79LIVRES & AUTOGRAPHES 80JEUDI 29 AVRIL 2021LIVRES & AUTOGRAPHES 81JEUDI 29 AVRIL 2021chacun porte à la masse commune, elle doit en faire une telle répartition que l'enfant et le vieillard, le foible et l'ignorant
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