Auktionsarchiv: Los-Nr. 173

AUGUSTE RODIN (1840-1917)

Schätzpreis
Zuschlagspreis:
Auktionsarchiv: Los-Nr. 173

AUGUSTE RODIN (1840-1917)

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Beschreibung:

Deux études de danseuses de bourrée gouache, encre et graphite sur papier vergé 17.7 x 11.1 cm. Exécuté vers 1890-95 gouache, ink and pencil on laid paper 7 x 4.3/8 in. Executed circa 1890-95 Cette oeuvre sera incluse au catalogue raisonné des dessins et peintures d'Auguste Rodin actuellement en préparation par Christina Buley-Uribe. PROVENANCE Collection privée, Paris. Puis par succession au propriétaire actuel. Par Christina Buley-Uribe Cet ensemble exceptionnel de dix dessins de femmes (lots 171 à 180) jouant librement avec leur vêtement ou dansant avec des voiles, s'inscrit dans un genre nouveau, qui apparaît chez Rodin vers 1890. L'artiste abandonne à cette époque les « dessins noirs » qui illustrent les épisodes tragiques de la Divine Comédie pour revenir au dessin d'observation d'après un modèle vivant. Cela se traduit par un style nouveau et par des expériences inédites, avec des modèles qu'il embauche comme avec des danseuses rencontrées fortuitement. Différents spectacles de danse retiennent son attention pendant cette période: les danseuses javanaises, dessinées avec virtuosité lors de l'Exposition universelle de 1889; en 1891-92 les danseuses de bourrée et de tarentelle, croquées sur le vif en Touraine lors de ses séjours avec Camille Claudel; enfin vers 1893-1896, la danseuse de music-hall américaine, Loïe Fuller, avec ses voiles tourbillonnants et ses effets de lumière électrique. La mystérieuse inscription « à retoucher avec Alix » sur l'un de nos dix dessins vient ajouter un nom à la longue liste des jeunes modèles qui posèrent pour Rodin. S'agit-il d'Alix de Laincel-Vento qui donnera plus tard un dessin de Rodin au musée Calvet d'Avignon? Rodin se plongera (et pour longtemps) dans l'univers intime de la femme, en voulant « reproduire la vérité » sans « corriger la nature » mais en « s'incorporant à elle ». Les modèles prennent les poses les plus simples et les plus naturelles: elles arrivent habillées à l'atelier et se dévêtent devant lui dans une grande variété de gestes, faisant glisser les robes au bas des jambes, les déployant largement sur les hanches, ou encore les passant par-dessus leur tête. Rodin fait poser les modèles sans se soucier d'idéalisation ni de compromis esthétique: « il n'y a qu'une seule beauté, dit-il, celle de la vérité qui se révèle. » Le rapport est direct, son regard est celui d'un observateur privilégié. Il n'est pas un témoin d'une scène ou l'indiscret spectateur qui s'est glissé dans les coulisses, comme Degas. Rodin supprime, d'ailleurs, dans ses dessins toute référence spatio-temporelle. Si les modèles ont parfois recours à des accessoires, des éventails par exemple, leurs vêtements prennent invariablement, sous le crayon de Rodin, l'allure de drapés à l'antique. Rejetant toute forme de savoir-faire académique, Rodin va à l'essentiel, simplifie les contours, cherche déjà la ligne pure à laquelle il consacrera tous ses efforts dans les dessins de maturité. Désignés dans la typologie comme « dessins de transition », on reconnaît en effet dans ces dessins les prémices de la manière moderne de Rodin. L'artiste part toujours d'une observation synthétique et précise de la réalité, présente dans le crayon sousjacent. À ce premier contour s'ajoutent invariablement de multiples pentimenti à la plume et à l'encre rouge ou noire. La mise en couleur, quant à elle, est arbitraire. Les tonalités vives et acides du jaune et du magenta flamboyant sont souvent tempérées par l'effet voilé d'une gouache blanche. Comme dans certains « dessins noirs », Rodin joue ici avec les opacités et les transparences.Toutes ces qualités se retrouvent dans cette impressionnante série.

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Deux études de danseuses de bourrée gouache, encre et graphite sur papier vergé 17.7 x 11.1 cm. Exécuté vers 1890-95 gouache, ink and pencil on laid paper 7 x 4.3/8 in. Executed circa 1890-95 Cette oeuvre sera incluse au catalogue raisonné des dessins et peintures d'Auguste Rodin actuellement en préparation par Christina Buley-Uribe. PROVENANCE Collection privée, Paris. Puis par succession au propriétaire actuel. Par Christina Buley-Uribe Cet ensemble exceptionnel de dix dessins de femmes (lots 171 à 180) jouant librement avec leur vêtement ou dansant avec des voiles, s'inscrit dans un genre nouveau, qui apparaît chez Rodin vers 1890. L'artiste abandonne à cette époque les « dessins noirs » qui illustrent les épisodes tragiques de la Divine Comédie pour revenir au dessin d'observation d'après un modèle vivant. Cela se traduit par un style nouveau et par des expériences inédites, avec des modèles qu'il embauche comme avec des danseuses rencontrées fortuitement. Différents spectacles de danse retiennent son attention pendant cette période: les danseuses javanaises, dessinées avec virtuosité lors de l'Exposition universelle de 1889; en 1891-92 les danseuses de bourrée et de tarentelle, croquées sur le vif en Touraine lors de ses séjours avec Camille Claudel; enfin vers 1893-1896, la danseuse de music-hall américaine, Loïe Fuller, avec ses voiles tourbillonnants et ses effets de lumière électrique. La mystérieuse inscription « à retoucher avec Alix » sur l'un de nos dix dessins vient ajouter un nom à la longue liste des jeunes modèles qui posèrent pour Rodin. S'agit-il d'Alix de Laincel-Vento qui donnera plus tard un dessin de Rodin au musée Calvet d'Avignon? Rodin se plongera (et pour longtemps) dans l'univers intime de la femme, en voulant « reproduire la vérité » sans « corriger la nature » mais en « s'incorporant à elle ». Les modèles prennent les poses les plus simples et les plus naturelles: elles arrivent habillées à l'atelier et se dévêtent devant lui dans une grande variété de gestes, faisant glisser les robes au bas des jambes, les déployant largement sur les hanches, ou encore les passant par-dessus leur tête. Rodin fait poser les modèles sans se soucier d'idéalisation ni de compromis esthétique: « il n'y a qu'une seule beauté, dit-il, celle de la vérité qui se révèle. » Le rapport est direct, son regard est celui d'un observateur privilégié. Il n'est pas un témoin d'une scène ou l'indiscret spectateur qui s'est glissé dans les coulisses, comme Degas. Rodin supprime, d'ailleurs, dans ses dessins toute référence spatio-temporelle. Si les modèles ont parfois recours à des accessoires, des éventails par exemple, leurs vêtements prennent invariablement, sous le crayon de Rodin, l'allure de drapés à l'antique. Rejetant toute forme de savoir-faire académique, Rodin va à l'essentiel, simplifie les contours, cherche déjà la ligne pure à laquelle il consacrera tous ses efforts dans les dessins de maturité. Désignés dans la typologie comme « dessins de transition », on reconnaît en effet dans ces dessins les prémices de la manière moderne de Rodin. L'artiste part toujours d'une observation synthétique et précise de la réalité, présente dans le crayon sousjacent. À ce premier contour s'ajoutent invariablement de multiples pentimenti à la plume et à l'encre rouge ou noire. La mise en couleur, quant à elle, est arbitraire. Les tonalités vives et acides du jaune et du magenta flamboyant sont souvent tempérées par l'effet voilé d'une gouache blanche. Comme dans certains « dessins noirs », Rodin joue ici avec les opacités et les transparences.Toutes ces qualités se retrouvent dans cette impressionnante série.

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