Saint Jérôme Huile sur toile 167 x 109 cm Saint Jerome Oil on panel, 65,8 x 43 in. Agostino Scilla à la fois peintre, naturaliste, philosophe, poète, antiquaire et numismate, fut le plus célèbre peintre de la seconde moitié du XVIIe siècle à Messine. Le grand tremblement de terre de 1908 dans cette ville a malheureusement détruit un nombre important de ses oeuvres. Il fut d'abord l'élève à Messine d'Antonio Alberti, puis à Rome d'Andrea Sacchi. De retour dans sa ville natale en 1651, il travailla en particulier pour le prince don Antonio Ruffo, qui lui commanda notamment Esther et Assuérus et Rébecca au puits (Messine, Museo Regionale; vers 1667-1671). Le Museo Regionale de Messine conserve également le formidable Saint Hilarion dans les bras de la mort (1667), d'inspiration caravagiste, aux couleurs sombres et placé dans un paysage désolé; Saint Benoît ordonnant la destruction des idoles qui se distingue par l'expressivité et le réalisme du saint et du personnage au premier plan (vers 1660); Saint Gaétan en prière devant la Vierge (signé et daté 1671), où l'on perçoit l'influence des modèles romains, surtout de Maratta, dans l'image souriante et douce de la Vierge et de l'Enfant; Sainte Ursule et ses compagnes, une oeuvre de jeunesse peinte en collaboration avec Fulco et Catalano; un Saint Jean Evangéliste; La Vierge, saint Jean et la Madeleine au pied de la croix et une série de Natures mortes. Ses commandes venaient cependant aussi de nombreuses autres villes, si bien que la Galleria Regionale della Sicilia à Palerme abrite Thalie couronne Epicharme (signé et daté 167[1]), tableau à la saveur romantique influencé par Ribera, et l'église du Collegio de Caltanissetta un Martyre de sainte Agathe, signé et daté 1654. À Syracuse il orna de fresques, malheureusement très restaurées, la chapelle du Saint Sacrement de la cathédrale (1657) et San Domenico. Il travailla aussi pour la Chartreuse de San Bruno en Calabre et à Syracuse pour l'église du monastère de Santa Maria (Immaculée Conception). Citons également un Saint Jérôme conservé à la Pinacothèque de l'Accademia di San Luca à Rome (vers 1679-1680), La descente du Saint Esprit et la Vierge Immaculée dans l'église de Basicò, l'Assomption peinte pour l'Annunziata dei Teatini; et, parmi ses dernières oeuvres, la Madone du Rosaire (église de Santa Maria Maggiore di Valmontone). Lorsque la révolte anti-espagnole de Messine des années 1673-1678 fut écrasée, Scilla, comme de nombreux autres artistes, dut s'exiler. Il se réfugia d'abord en France, où Pierre Rosenberg a démontré qu'il peignit Jésus chez Marthe et Marie (signé et daté 1678) pour l'église de Bouliac en Gironde, un tableau inspiré encore par le caravagisme, avec un clair- obscur brutal. L'année suivante il interprétait le même sujet (Valmondois, France, église Saint-Quentin, signé et daté) pour une religieuse de Fano, dans un esprit serein, totalement différent, montrant bien sa richesse inventive. En 1679 il était à Turin à la cour de Carlo Emanuele II, et enfin de retour à Rome où il devint membre de l'Accademia di San Luca, puis en 1680 de la Congregazione dei Virtuosi, qu'il dirigea de 1681 à 1685. Il travailla alors en particulier pour Christine de Suède, dans le style plus baroque qui était alors en faveur à Rome. On sait qu'il avait un intérêt particulier pour le dessin, dans son art mais aussi d'un point de vue théorique; il avait réuni l'extraordinaire collection de dessins de Polidoro da Caravaggio que P. Crozat acheta à son fils en 1714 à Rome. Scilla était aussi un lettré et il est l'auteur de deux ouvrages curieux : Breve notizie delle monete pontificie antiche e moderne, et La vana speculazione disingannata dal senso (Naples, 1670), dans lequel il se déclare disciple de Démocrite. Notre tableau combine les deux iconographies traditionnelles de Saint Jérôme : celle de l'ermite, dédiée à une vie de pénitence, et celle du Docteur de l'Eglise. Les tableaux de Scilla les plus réussis ont en effet souvent po
Saint Jérôme Huile sur toile 167 x 109 cm Saint Jerome Oil on panel, 65,8 x 43 in. Agostino Scilla à la fois peintre, naturaliste, philosophe, poète, antiquaire et numismate, fut le plus célèbre peintre de la seconde moitié du XVIIe siècle à Messine. Le grand tremblement de terre de 1908 dans cette ville a malheureusement détruit un nombre important de ses oeuvres. Il fut d'abord l'élève à Messine d'Antonio Alberti, puis à Rome d'Andrea Sacchi. De retour dans sa ville natale en 1651, il travailla en particulier pour le prince don Antonio Ruffo, qui lui commanda notamment Esther et Assuérus et Rébecca au puits (Messine, Museo Regionale; vers 1667-1671). Le Museo Regionale de Messine conserve également le formidable Saint Hilarion dans les bras de la mort (1667), d'inspiration caravagiste, aux couleurs sombres et placé dans un paysage désolé; Saint Benoît ordonnant la destruction des idoles qui se distingue par l'expressivité et le réalisme du saint et du personnage au premier plan (vers 1660); Saint Gaétan en prière devant la Vierge (signé et daté 1671), où l'on perçoit l'influence des modèles romains, surtout de Maratta, dans l'image souriante et douce de la Vierge et de l'Enfant; Sainte Ursule et ses compagnes, une oeuvre de jeunesse peinte en collaboration avec Fulco et Catalano; un Saint Jean Evangéliste; La Vierge, saint Jean et la Madeleine au pied de la croix et une série de Natures mortes. Ses commandes venaient cependant aussi de nombreuses autres villes, si bien que la Galleria Regionale della Sicilia à Palerme abrite Thalie couronne Epicharme (signé et daté 167[1]), tableau à la saveur romantique influencé par Ribera, et l'église du Collegio de Caltanissetta un Martyre de sainte Agathe, signé et daté 1654. À Syracuse il orna de fresques, malheureusement très restaurées, la chapelle du Saint Sacrement de la cathédrale (1657) et San Domenico. Il travailla aussi pour la Chartreuse de San Bruno en Calabre et à Syracuse pour l'église du monastère de Santa Maria (Immaculée Conception). Citons également un Saint Jérôme conservé à la Pinacothèque de l'Accademia di San Luca à Rome (vers 1679-1680), La descente du Saint Esprit et la Vierge Immaculée dans l'église de Basicò, l'Assomption peinte pour l'Annunziata dei Teatini; et, parmi ses dernières oeuvres, la Madone du Rosaire (église de Santa Maria Maggiore di Valmontone). Lorsque la révolte anti-espagnole de Messine des années 1673-1678 fut écrasée, Scilla, comme de nombreux autres artistes, dut s'exiler. Il se réfugia d'abord en France, où Pierre Rosenberg a démontré qu'il peignit Jésus chez Marthe et Marie (signé et daté 1678) pour l'église de Bouliac en Gironde, un tableau inspiré encore par le caravagisme, avec un clair- obscur brutal. L'année suivante il interprétait le même sujet (Valmondois, France, église Saint-Quentin, signé et daté) pour une religieuse de Fano, dans un esprit serein, totalement différent, montrant bien sa richesse inventive. En 1679 il était à Turin à la cour de Carlo Emanuele II, et enfin de retour à Rome où il devint membre de l'Accademia di San Luca, puis en 1680 de la Congregazione dei Virtuosi, qu'il dirigea de 1681 à 1685. Il travailla alors en particulier pour Christine de Suède, dans le style plus baroque qui était alors en faveur à Rome. On sait qu'il avait un intérêt particulier pour le dessin, dans son art mais aussi d'un point de vue théorique; il avait réuni l'extraordinaire collection de dessins de Polidoro da Caravaggio que P. Crozat acheta à son fils en 1714 à Rome. Scilla était aussi un lettré et il est l'auteur de deux ouvrages curieux : Breve notizie delle monete pontificie antiche e moderne, et La vana speculazione disingannata dal senso (Naples, 1670), dans lequel il se déclare disciple de Démocrite. Notre tableau combine les deux iconographies traditionnelles de Saint Jérôme : celle de l'ermite, dédiée à une vie de pénitence, et celle du Docteur de l'Eglise. Les tableaux de Scilla les plus réussis ont en effet souvent po
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